jeudi 8 avril 2010

Ne nous soumets pas à la tentation

Enfer et damnation! Ce matin, mon amie Bab's m'a innocemment transféré une newsletter qu'elle venait de recevoir.

Mon amie Bab's savait très bien à qui elle l'envoyait. Ne m'a-t-elle pas dit, d'ailleurs, qu'elle ne pouvait pas ne pas partager l'info avec moi?

Car le Comptoir des Cotonniers, c'est ma découverte mode de l'année dernière. De jolis vêtements dans des couleurs sobres et de belles matières, surtout. Ma peau à tendance transpirante me bénit quand j'enfile ma douce chemise en coton ou ce joli pull en cachemire. Elle me l'a jamais dit comme ça, mais je le sens bien.

Evidemment, la qualité, les belles matières, ça se paie, et pas uniquement en lavage à la main (ouais, c'est l'autre gros défaut de ces vêtements, ya quasi rien qui va en machine...). Le moindre T-Shirt va vite chercher dans les 40 euros (voire plus) et la petite robe toute simple dans la centaine d'euros bien tassée.

Heureusement, ils font souvent des promos. Outre les soldes d'hiver et d'été, ya aussi les promos de printemps et d'automne. Oh! que ça tombe bien! :-) Or, donc, cette semaine, c'est promos de printemps. Ca commence aujourd'hui et ça se termine dans une petite semaine. On dit merci qui?

Allez, toutes avec moi: "et délivre-nous du mal"...



PS: Bab's, tu restes mon amie quand même, hein!


PPS: c'est qui qui me lit depuis la Grande-Bretagne, hein, dites?
Edit 15h57: il m'a fallu plus de 4h de cogitation (et une pause sieste) pour avoir l'illumination mais... je salue donc Léone, en direk laïve de Londres (la clâââsse intégrale)

mercredi 7 avril 2010

Congés? Ahaah! Mais tu rigoles, j'espère!


YES!! Ca y est!! Je suis ENFIN en congé!! me suis-je écriée lundi à 14h03 en levant les bras au ciel pour exprimer mon contentement (oui, je m'exclame beaucoup ces temps-ci, me demandez pas pourquoi). Après quinze jours de travail d'affilée, j'allais enfin pouvoir renvoyer mon réveil chez sa mère (mon gros fantasme depuis dix jours*), me prélasser au lit, lire, faire la sieste, buller, me vernir les ongles, regarder M. Léludemoncoeur travailler en savourant le fait que moi non, profiter du fait que je n'ai plus d'horaires, cuisiner éventuellement, mais juste pour le plaisir. Ca allait être le pied intégral, pendant six jours (6!!!)

Je suis donc rentrée à la maison avec un sourire béat, les bras toujours levés en signe de victoire sur le travail, prête à attaquer ma semaine de récup-vacances.

Avant de repérer les trois mannes de repassage, le panier à linge débordant, la vaisselle encroûtée dans l'évier, les factures et les courriers en retard, la poussière en paquets, les assurances à appeler, etc.

Est-il utile de préciser que le sourire béat s'est transformé en moue et que les bras m'en sont tombé?

Allez, plus que quatre jours et puis c'est boulot!


*oui, on a les fantasmes qu'on peut

lundi 5 avril 2010

Ma semaine dans un cocon hyper-sécurisé

QUOI? Ricky Martin est GAY?

A mon cri de stupeur, M. Léludemoncoeur lève un sourcil étonné. "Ben oui, t'étais pas au courant? Ca fait au moins trois heures que c'est sur tous les sites internet. Tu débarques, ou quoi?"

Eh oui. Je débarquais vraiment, moi l'accro à l'info, connectée au moins 14h par jour à internet, qui ouvre automatiquement la page du Soir en ligne juste après sa boîte mail. Car là où j'étais cette semaine, point de GSM (pas grave, j'ai l'habitude de l'oublier une fois par semaine), point d'iPod connecté wifi, et point d'ordinateur, du moins s'il est connectable au monde extérieur. Pendant cinq jours, j'ai plongé quotidiennement dans un cocon hyper sécurisé.

J'ai assisté au "procès terrorisme" à Bruxelles.

Lecteur perplexe, laisse-moi t'expliquer comment on peut associer cocon et terrorisme dans la même phrase.

Il avait été convenu il y a une dizaine de jours que je suivrais les plaidoiries des avocats des sept prévenus présents au procès quand, dimanche dernier, on annonce que les mesures de sécurité seraient renforcées dès le lendemain au palais de Justice de Bruxelles pour prévenir toute tentative d'évasion. Mettez terroristes, évasion et formation en explosifs (oui, certains prévenus ont suivi ce genre de formation, après chocolatier-pâtissier), ça vous donne une idée de la nervosité potentielle des services de police.

Chaque matin, il a donc fallu montrer patte blanche (ou du moins cartes d'identité et de presse) pour entrer dans l'enceinte du palais. Et quand je dis patte blanche, c'est quasiment ça, puisque les "têtes d'Arabes" étaient visiblement contrôlées plus strictement que les blondinets. Mehmet en bout encore.

Etant plutôt blondinette, j'ai vu cet exercice de musculation sécuritaire d'un oeil assez amusé. Faut dire que c'est pas tous les jours qu'on peut dire bonjour avec un joli sourire à un policier encagoulé (qui répond même pas, pffff) (ptêtre qu'il parlait pas français), croiser d'un air innocent des types qui portent gilet pare-balles, mitrailleuse, arme à la cuisse et cagoule (of course) et se faire palper par une fille. La gamine qui comate en moi a parfois donné des signes de vie à l'idée, par exemple, de gueuler "boum!" dans le palais, juste pour rigoler.

A l'approche de la salle d'audience, il fallait passer des barrières de sécurité avec des policiers pas toujours très souriants ni très fins. "Vous êtes un des prévenus aussi?", a même demandé un de ces dignes représentants de l'ordre à Mehmet qui, saluons-le ici, a réussi à garder son calme au moment de répondre "non non, je suis journaliste" (et je suis le procès depuis trois semaines, connard! aurait-il pu ajouter, ce qu'il n'a pas fait et c'est tout à son honneur).

Après ce premier cerbère, direction le bac, où il faut, comme à l'aéroport, déposer sacs, effets personnels métalliques, vestes,... bref, tout truc susceptible de vous recaler au détecteur de métaux. Avant de passer sous le portique cependant, il faut se signaler une nouvelle fois, donner son nom et son GSM, batterie enlevée.

On devient -pardon, on obtient!- alors un numéro de consigne qui permettra de récupérer le joujou technologique (oui, enfin... ça dépend pour qui) à la sortie. Hop! plus moyen de se tenir informé de ce qui se passe à l'extérieur. Une bombe exploserait encore dans un autre coin de Bruxelles qu'on resterait quand même assis tranquillement sur nos bancs. La preuve: c'est à cause de ça que j'ai appris cinq heures après tout le monde que Ricky Martin est gay.

En parlant de gay, après le numéro et le portique, c'est la fouille (les mecs par des mecs, les filles par des filles). Bon, pas à poil et accroupi comme les prévenus qui comparaissent détenus, mais quand même. Et vas-y qu'il faut enlever son écharpe, et vas-y qu'on palpe les bras, la taille ("humpf, et rentre le ventre!"), les cuisses et jusqu'aux chevilles, en vérifiant au passage l'intérieur des chaussettes. Avec la pensée féminine qu'on ne peut pas retenir: "Merci l'esthéticienne d'avoir eu un moment de libre ya quelques jours!"

Vous pensez qu'après ça, on peut aller en paix s'assoir pour se remettre de ses émotions? Que nenni mes amis! Il faut encore donner ses chaussures (bah oui, depuis Richard Reid et ses chaussures à l'explosif, on n'est jamais trop prudent) et attendre les doigts de pieds recroquevillés dans les chaussettes que le robo'cop ait fini d'inspecter le fond des godasses. Vendredi, j'ai eu droit, en guise d'intermède, à une palpation des orteils et de la plante des pieds. Sait-on jamais que j'aie caché une lime ou du plastic dans mes bas Dim...

Il faut bien avouer qu'après avoir passé toutes ces étapes une première fois le matin, on hésite à ressortir à la pause, fût-ce pour aller soulager un besoin pressant. Parce qu'évidemment, ceux qui quittent (kiki?) le périmètre doivent se plier à nouveau à tout le rituel sécuritaire s'ils veulent revenir. On le refait bien une fois pour le fun, mais à la longue ça lasse, c'est là qu'est l'os.

On se retrouve enfin dans une salle d'audience où patrouillent encore des policiers, où on voit passer Musclor et ses copains (regarde mon beau brassard qui fait saillir mes musck'!) et où les bruits semblent étouffés comme par du coton. Il y fait calme comme dans un cocon. Un cocon qu'on ne pourrait atteindre de force qu'après avoir tué au moins 20 personnes.

Le paradoxe c'est qu'à côté de cela, on se retrouve face à des gars -les prévenus- poursuivis pour appartenance à un groupe terroriste, mais qui sont les premiers à se lever pour aller vérifier que la sono marche bien pour que le président n'ait aucun mal à entendre les plaidoiries. Des types qui, à la pause, déplorent que les médias les dépeignent comme des terroristes, des vrais, et que les gens sur les forums leur souhaitent d'aller se faire pendre.

Des types qu'on voit rigoler franchement avec les policiers qui les ont filés puis interrogés et qui les ont finalement expédiés devant le tribunal.

samedi 3 avril 2010

L'avortement, ça fait aussi partie de la vie

J'étais partie sur l'idée de vous parler popote entre potes, de chipotages culinaires pour la bonne cause (le plaisir des papilles, of course) et puis les débats du dimanche, la presse, les manifestations pour ou contre m'ont rappelé ce fait: cette semaine, on fête le vingtième anniversaire de la loi dépénalisant l'avortement. Et je me suis dit que les considérations alimentaires attendraient un peu.


Je suis née grâce au docteur Willy Peers. Ma mère en parle encore avec adoration, de ce médecin qui, contrairement à un de ses confrères, ne l'a pas découragée. Elle voulait tellement une famille nombreuse que le jour où son gynécologue, après un an (!!) de tentatives infructueuses, lui a dit qu'elle n'aurait jamais d'enfants, son monde s'est écroulé.

Bon, l'histoire a montré que ce type était un imbécile, puisqu'après moi sont encore arrivées quatre pestes, ce qui nous fait finalement une belle brochette de non-enfants. Et c'est donc, pour ma soeur Marie et moi, le docteur Peers qui nous a mises au monde.

Parallèlement, il militait pour l'avortement, estimant qu'il valait mieux qu'une femme se défasse de son bébé dans des conditions médicales et d'hygiène correctes que dans l'arrière-salle d'un café, avec des aiguilles à tricoter. Ca lui a valu la prison, et peut-être une mort prématurée, à 60 ans.

C'est son combat, et celui d'autres, qui a abouti à la loi d'avril 1990 dépénalisant l'avortement. J'avais huit ans, à l'époque. J'ai donc vécu toute ma puberté, mon début de vie de femme avec cette sorte de filet de sécurité qu'on préférerait ne pas devoir utiliser mais qui a le mérite d'exister.

J'ai grandi avec l'idée que si mon corps, ma contraception ou les circonstances me trahissaient, j'aurais vraiment la possibilité de choisir. Mes amies aussi. Ca ne veut pas dire pour autant qu'on a joué à la roulette russe, sans se protéger, en s'en remettant au destin, en se disant que de toutes façons, yaurait moyen d'effacer les erreurs.

Plus j'avance, plus je me rends compte à quel point je vis et j'ai vécu dans un cocon protecteur. Je ne connais aucun cas d'avortement dans ma famille, dans mes amies. Je n'ai jamais été confrontée directement ou indirectement à ce choix certainement hyper difficile. Je reste donc convaincue que la possibilité d'avorter est une bonne chose pour l'évolution des femmes.

Quelle ne fut donc pas ma surprise de voir la virulence des "anti" ces derniers jours/semaine. Bon, ok, j'ai vécu dans un cocon protecteur, mais je ne suis pas bête au point de croire que tout le monde est d'accord avec cette possibilité offerte aux femmes. Je me doute bien que certains préfèrent la vie coûte-que-coûte. Mais je pensais que c'était le genre d'opinions, pour ou contre, d'ailleurs, qu'on ne brandissait plus sur la place publique, sauf quand on est cardinal, ou à la limite évêque. Le genre d'opinions qu'on garde éventuellement pour la partie polémique d'un dîner un peu trop arrosé.

Et puis non, on organise des marches "pour la vie", des contre-manifestations, les télévisions ressortent les images de manifestations d'il y a 25 ans, on revoit le docteur Peers en tête des cortèges. Et, sur les plateaux des télés ou dans les journaux, les "pro" et les "anti" s'écharpent à nouveau.

Bizarrement, dans les "zanti" (pas forcément gentils, d'ailleurs), on trouve beaucoup d'hommes. Qui disent que les foetus sont des hommes comme les autres, que s'en défaire, c'est commettre un meurtre et que -enfin!- c'est quand même pas si dur de mener la grossesse à terme et de donner le bébé en adoption après -ya tellement de parents qui attendent!!

Ces propos ne peuvent venir que d'un homme, sans doute. Celui qui ne sentira jamais ses hormones lui jouer des tours, son corps se déformer, cette petite "chose" bouger. Celui qui ne risquera pas de se retrouver alité parce qu'une ouverture du col à 5 mois et demi de grossesse, c'est pas franchement viable pour le bébé (et quels parents voudraient adopter un bébé dont le pronostic de survie se fait au jour le jour, hein?). Celui qui pense qu'en voyant cette "petite chose" sortie d'elle, la mère ne pourra faire que l'aimer, et donc changer d'avis. Celui qui pense que l'amour maternel et naturel triomphe de tout.

Celui-là ferait bien de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Et pas dans celle de sa copine, on sait jamais qu'elle attrape un bébé.

jeudi 25 mars 2010

Comme un léger goût de trop lourd

Mon poids et moi, ça fait un an et demi qu'on se balade ensemble, tous les jours, main dans la poignée d'amour. Enfin, si je suis honnête, ça fait bien plus longtemps que ça, depuis l'adolescence, sans doute, où mes kilos étaient sous monitoring constant. Après, je les ai parfois enfouis sous le tapis de ma culpabilité, dans un coin de ma tête. Jamais très loin de mes pensées.

Mais depuis un an et demi, c'est du sérieux. J'ai repris le régime M&M's (Meight Matchers (c) vous connaissez, non?). Depuis un an et demi, je calcule les points, ajoute, soustrais, développe des stratégies. M&M's, le seul régime qui permet à votre cerveau de gonfler quand votre ventre dégonfle.

Tous les mardis depuis le 25 novembre 2008, je vais à la réunion M&M's. Tous les mardis, je monte sur Cruella (petit surnom de la balance donné par la coach), je retrouve les copines de fortune ou d'infortune (ça dépend des semaines), je fais le plein de motivation puis je rentre m'enfiler une pizza ou un "spécial". Ben oui, autant le faire le mardi pour avoir une semaine pour éliminer...

Car au fil des mois, je suis devenue, avec la complicité des copines M&M's, une véritable pro de la stratégie alimentaire, pour faire pencher la balance vers un chiffre positif pour moi, c'est-à-dire un moins (vous suivez?). Ainsi, j'évite les féculents dès le lundi (surtout les pâtes), parce que ça s'élimine plus difficilement que les légumes, par exemple. Pas de trucs trop gras, non plus, ni de portions trop importantes. Dès le dimanche soir (idéalement), c'est ceinture.

Mais c'est faux-cul, s'offusque la lectrice raisonnable! Oui, c'est vrai, mais ça permet de limiter les dégâts le mardi et de ne pas se démolir le moral. Parce que oui, M. Léludemoncoeur sait à ma tête, au retour de ma réunion M&M's, s'il va avoir droit à la pizza de fête ou au blanc de poulet des jours difficiles... Les premiers mois, ça a été la fête à la maison toutes les semaines (mais uniquement le mardi, si vous suivez toujours). Mais ça a pas mal changé ces derniers temps.

Parce que la lassitude s'installe, à force. Depuis six mois, environ, j'ai repris, lentement mais surement, trois à quatre kilos qui refusent de me lâcher. Mais t'es bien comme ça!!, s'écrient les copines bien intentionnées. Sauf que non, moi, je me sens mieux avec ces trois-quatre kilos en moins, moins visibles dans les fesses que dans ma tête, sans doute. Après un an et demi, ça m'amuse moins de compter les points, de cuisiner du sain, de respecter les cinq atouts de la forme.

Attention! j'ai jamais été une ayatollah du régime. Je n'ai jamais noté les quarts de points consommés et culpabilisant à mort pour la tranche de cake ou le biscuit grignoté en sentant déjà les flammes de l'enfer lécher mes bourrelets. Je me suis toujours arrangée avec ma conscience et mon carnet à points mental pour arrêter de compter quand le compteur risquait l'emballement ("non, pas la Coupe Explosion de chocol.... grouiiiiiik hiiiiii... allô?"). En général, éviter la culpabilité et trop de prise de tête, ça a plutôt bien marché. Mais faut croire que mon détecteur à kilos en plus est un peu déréglé ces derniers temps.

Le côté consolant, c'est que je ne suis pas la seule à me lasser. Les autres "vétéranes" de la réunion, celles qui ne peuvent plus se vanter d'avoir perdu 4 kilos en un mois parce que ça fait plus d'un an qu'elles sont là, se cherchent aussi un nouveau souffle. Et les encouragements de la coach, "parce que vous le valez bien", "il faut remettre l'église au milieu du villâââge", "les kilos sont pas venus du jour au lendemain, ils vont pas partir en une nuit!", n'y font plus grand chose. Mardi, on en était tellement au "pffff, t'façons j'vais r'prendre tous mes kilos et je finirai par mourir étouffée par un durum" qu'à trois, on aurait presque risqué de provoquer la faillite de M&M's (c) pour cause d'épidémie de découragement.

Alors, comme les M&Mousquetaires, on a décidé de s'unir, et de relever la tête. Ahaaaaaaah, maudits kilos!! Mais sacrebleu! Que trépasse si je faiblis! (Comme l'époque moderne nous permet d'éviter de nous hisser sur nos fidèles destriers afin d'unir nos épées dans un même geste, on a juste échangé nos adresses e-mails et on réinvente la solidarité/coaching. Hop! un ptit mail pour voir si les autres aussi ont bien fait attention à ce qu'elle mangent et c'est reparti, on se sent un peu soutenues.)

Ca fait alcooliques anonymes, c'est vrai, mais la situation est grave. Pâques approche et le cortège de petits oeufs en chocolat fait déjà la danse du ventre dans les magasins. Et ce serait dommage d'avoir les résidus d'oeufs de Pâques qui débordent du maillot de bain sur les plages en juillet.

Allez, j'vous laisse, j'ai un carnet de points à remplir. Quelqu'un sait combien ça fait, 5 oeufs praliné noir Galler?


PS: j'ai vraiment une balance comme celle ci-dessus. Mais en rose

samedi 20 mars 2010

(Almost) ordinary people


Deux blondinettes aux yeux bleus, vêtues du même manteau rouge. Deux fillettes qui accompagnent leurs parents et leur petit frère, le petit roi sans doute. Toute une famille d'yeux bleus. On s'en fout, qu'ils aient les yeux bleus, non? Pas moi. Ils m'ont fascinée il y a deux mois, quand je suis entrée dans le camp de réfugiés palestiniens de Shuafat, au nord-est de Jérusalem. Ces deux petites filles, leurs parents et leur frère font partie des 35.000 habitants de ce camp surpeuplé.

Ce qui m'avait frappée en arrivant là-bas, outre les check-points où il faut montrer patte blanche (ça aide, d'accompagner un ministre), c'est l'odeur. Il y flotte un délicat fumet de poubelles éventrées, d'ordures à l'air libre. Ca pue franchement, donc. Et ce n'est pas étonnant: où qu'on pose le regard, on trouve des déchets, des débris de construction, de vieilles godasses qui font partie du chemin tellement elles ont été foulées et écrasées par les roues des voitures.

Cette première impression olfactive actée, l'étouffement se fait quasi physique. Le camp est devenu beaucoup trop exigu pour contenir toute la population et la circulation qui va avec. Bus, voitures, camions, tout le monde klaxonne à qui mieux mieux et c'est celui qui se fait le plus entendre qui emporte la victoire symbolique. Parce que ça ne fait évidemment pas avancer le schmilblick.

Ces deux petites filles, assises sagement sur un débris de construction, attendaient le bus, si je me souviens bien. A peu près indifférentes aux bouchons et à l'agitation de la rue.

Aujourd'hui, je repensais à elles, à ce débris-siège de fortune. Après avoir lu cette semaine dans le journal que les affrontements entre (jeunes) Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes sont particulièrement intenses à Shuafat, je me demande si ce "siège" a servi à canarder le soldat israélien, s'il a atterri sur un bouclier ou a blessé quelqu'un.

Il y a deux mois, j'avais aimé ce petit moment de grâce, ces fillettes sous le soleil, cette pause dans l'étouffement. Leurs yeux bleus et leurs cheveux blonds.


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Pour alimenter la réflexion, je vous conseille les excellents ouvrages de Charles Enderlin, correspondant de France 2 au Proche-Orient. Personnellement, je viens de terminer "Le grand aveuglement, Israël et l'irrésistible ascension de l'Islam radical", après avoir lu "Le rêve brisé: histoire de l'échec du processus de paix au Proche-Orient 1995-2002". J'ai picoré un peu, car "Le rêve brisé" s'inscrit dans une série d'ouvrages (un avant et un après) sur l'histoire des négociations de paix entre Israël et les Palestiniens, tandis que "Le grand aveuglement" (le livre le plus récent puisque paru en 2009) est transversal et explique l'apparition et l'ascension du Hamas (mais aussi du Hezbollah et de tous ces mouvements radicaux).

On en ressort avec un sacré goût de gâchis en bouche, l'impression qu'on est parfois passé à deux cheveux d'une solution raisonnable pour tous et que, en fin de compte, même les hommes qu'on pense grands sont faillibles et exposés aux erreurs politiques, de jugement, etc.

Ces deux plongées dans le problème du Proche-Orient m'ont donné envie de continuer à m'y intéresser de près et à lire les autres publications de Charles Enderlin et m'ont permis de décrypter les événements suivis de loin en remettant en question ce que je croyais. Le correspondant de France 2 fournit selon moi un travail extrêmement bien documenté, minutieux et sans concession.

Par contre, je décline toute responsabilité si, après lecture, vous vous exclamez en boucle: "c'est fou de voir comme l'histoire se répète!"

mardi 16 mars 2010

La fête des femmes - les femmes à la fête?

Je ne sais pas pourquoi ça m'a remuée particulièrement cette année. Pourquoi, plus que les autres fois, j'ai été attentive aux différents reportages, réceptive aux indignations.


Parce que bon, au départ, des Journées de la femme, yen a tous les ans. Depuis avant ma naissance, même. Les autres années, je souris, crispée, aux blagues de merde sur la vaisselle, la place de la femme (dans la cuisine, évidemment) et je voûte les épaules en attendant que ça passe.

Est-ce les vents de contestation soufflant en rafales sur Twitter et Facebook? Est-ce tous ces reportages sur l'égalité hommes-femmes (en gros, si vous débarquez de Mars, c'est pas encore gagné gagné, si vous voyez ce que je veux dire)? Toujours est-il que depuis lundi dernier, ça tourne et retourne dans ma caboche (et dans ces cas-là, vaut mieux pas être dans les parages).

Je vous épargnerai les considérations métaphysico-angoissées. Ce n'est pas -encore- le lieu pour en parler. Je ne poste pas quatre billets par an pour plomber l'ambiance, naméo!


Non, ce soir, je vais vous entretenir (profitez-en, c'est pas souvent qu'une femme entretient) d'un sujet bizarre et un peu préoccupant. J'en viens zaux faits.

Grâce à la magie de Facebook, et d'un amoureux légèrement Sicilien à ses heures perdues, j'en apprends tous les jours un peu plus sur l'Italian way of life, en direk' laïve from là-bas.

J'aime autant vous dire que là-bas, on ne rigole pas avec la Festa delle donne. Aaaaah non! ça Madame!! C'est quasi aussi sacré que la Santa Salsice (la Sainte-Saucisse, sans doute la Journée de l'homme à la sauce -si je puis dire- sicilienne). Et vas-y que je te souhaite une bonne fête, et vas-y que je te tagge dans des photos plus kitschissimes les unes que les autres. Et ça fait des sorties entre filles, tout ça.

La méga-teuf!


A côté de ça, j'ai envie de dire: heureusement qu'elles se bourrent la gueule. Parce qu'il faut oublier les grosses pouffes de la télé. Le modèle de la femme italienne. Bouche collagénée, toutes la même colo, les mêmes lentilles bleues, les neurones qui ont démissionné depuis longtemps. C'est dur.

Vous voyez pas le genre? Vous regardez pas la télé italienne ou quoi? :-/ Mais vous passez votre temps à quoi, les gens? Parle plus fort! A faire des trucs intéressants? Mais la télé italienne aussi, c'est intéressant!

On y voit des filles débarquer dans les émissions, on sait pas trop ce qu'elles font là. Elles font semblant de marcher comme des mannequins pendant quatre pas, se tordent en deux genre "regardez, je fais toujours le mannequin!" et puis sourient. Ya un grand blanc (enfin non, en général, la musique continue), mais on voit bien que la fille se mettra pas à parler tout de suite. Non, parce qu'elle sourit, et que son neurone est déjà fort occupé à lui dire "mais souris!! souris bordel! Et regarde la caméra en même temps! En même temps! N'oublie pas de sourire, non plus!" (Là, on sent le neurone au bord de la démission).

La fille sourit, donc. Et ça dure une plombe. Si yavait pas un écran de télé entre elle et nous, on serait gêné, parce qu'on pressent que même une remarque sur la douceur du climat risque de la mettre en difficulté.

Parfois, elle danse, avec d'autres filles aussi souriantes qu'elle. Enfin, elle danse... elle jette les bras d'un côté à l'autre du corps en se dandinant.

Cette fille, finalement, c'est ZE incarnation de la réussite sociale, en Italie. Si on part, bien sûr, du raisonnement tenu par la téléspectatrice lambda que si on passe devant la caméra, c'est qu'on a réussi.

Mais comme vous l'avez deviné, ne s'improvise pas starlette du petit écran qui veut. Non! Il faut les qualités susmentionnées. Et si en plus, votre cerveau est resté en cuisine pour préparer la bolo du soir, l'Italien moyen est heu-reux! La preuve avec ce gag qui a fait le tour de la toile et qui fait encore plus aimer Muse.

Même pour être présentatrice du TG (oui, parce qu'en Italie on dit TeleGiornale), faut se faire arranger un peu. Ca donne des bonnes femmes dont on croirait presque qu'elles sont mues par un ventriloque tellement leur visage bouge pas.

Un genre de marionnettes dans un décor de JT. Mais j'y pense: ce serait bien, ça, comme concept, non?



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Pour alimenter la réflexion:

- Un article de Slate.fr sur les femmes dans le pays de Berlusconi (et c'est pas facile). Cliquez cliquez sur le lien renvoyant au docu très édifiant "le Corps des femmes". N'ayez pas peur, c'est en italien mais c'est sous-titré en anglais. No excuses, my friend!

- Le billet de Marie la twitteuse (mais pas que) sur la Journée de la femme (qui est souvent celle de l'homme en négatif)
Lien
- Et celui de Ganaëlle, toujours sur le même sujet.