Dire à votre chef que vous n'êtes pas d'accord avec ses méthodes ou à un membre de votre famille que vous l'aimez, vous l'avez déjà fait?
Moi, oui et, bizarrement, c'est plus facile d'affronter le chef que de dire du bien. C'est fou non?
En fait, c'est même souvent plus facile de ne rien dire, de laisser pisser le mouton, de râler un peu et puis d'essayer de passer à autre chose. Sauf qu'à faire ça, on se mitonne vite un petit ulcère (ou une vie super facile et calme).
La première fois que j'y suis allée à l'arme lourde avec un de mes chefs, je ne m'en suis pas rendu compte. J'ai déballé calmement et honnêtement ce que je pensais et puis je suis passée à autre chose. C'est en racontant la conversation à M. Léludemoncoeur que je me suis aperçu que je n'y étais pas allée de main morte. La propagation de mes hauts faits a confirmé ce premier constat.
Depuis, j'ai régulièrement dit ce que j'avais sur le coeur, sans animosité, mais sans atténuer non plus mes sentiments. Si je suis en colère, je le dis. Mais si une situation me convient, je le dis aussi.
Parce que c'est bien de pouvoir assumer ses critiques, mais il faut pouvoir dire le positif aussi. Même si c'est pas évident.
Quand je dis exactement ce que je pense de bien, j'ai l'impression d'avancer à poil. C'est pas forcément confortable. Il faut mettre des mots sur ce qu'on ressent, et c'est déjà pas facile. Et il faut prendre la réaction de l'autre à ces propos. Et comme c'est pas encore courant de dire du positif, c'est pas encore courant non plus de se prendre un vrai compliment (logique).
Et pourtant, ça fait tellement de bien de pouvoir dire du bien! Au moins autant que d'en entendre. Le petit moment de gêne éventuelle au moment de livrer le fond de sa pensée est largement compensé par ce bien-être dû à cet élan d'honnêteté. Le plus difficile, pour moi? Dire "je t'aime" à une autre personne que M. Léludemoncoeur. Lui, c'est facile, je l'aime d'amour, j'aurais envie de lui dire tout le temps.
Mais progressivement, j'ai appris à dire à mes amies que je les aime (d'amitié), puis à mes parents et mes soeurs. Et l'autre jour, je me suis surprise à hésiter au moment d'envoyer un mail à ma marraine, partie sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. "Vais-je être ridicule si je lui dis que je l'aime? Mais c'est le cas: je l'aime très fort et je suis fière d'elle... allez, je l'envoie!" L'inconfort de me dire "mais comment va-t-elle le prendre?" suivi d'une paix intérieure "je suis en accord avec ce que je pense vraiment".
Et vous? Vous pratiquez le compliment? Vous trouvez ça difficile?
PS: il m'a fallu deux jours pour écrire ce billet (et encore plus longtemps pour le mûrir). Bon, ya les nuits de boulot qui jouent, mais je ne voulais pas non plus d'un truc moralisateur et trop "regardez comme je suis trop forte" ;-) Excusez-moi si c'est un peu le cas quand même...
mardi 7 septembre 2010
dimanche 5 septembre 2010
La magie fifties
Hier, je suis tombée en arrêt devant cette publicité:
C'est étonnant, parce que je ne suis absolument pas fan de Louis Vuitton d'habitude. En fait, je ne suis pas fan de ces vêtements et accessoires qui crient "eh! regardez!! je suis super cher!!" Je n'aime pas les monogrammes qui s'étalent, les T-Shirts qui annoncent la couleur direct en lettres strassées (chez Gu*ss, par exemple), qui disent platement que oui, vous avez déboursé l'équivalent d'un rein (ou d'un oeil, ou de la peau d'une fesse) pour arborer ce truc qui souvent n'est même pas vraiment beau.
Je trouve sot aussi d'investir un deuxième oeil/rein ou la peau de la seconde fesse pour un truc bien cher-mais-qu'on-dirait-que-c'est-sorti-tout-droit-des-ptits-rien. Le spécialiste du genre? Zadig&Voltaire.
Non, ce que j'aime(rais), c'est l'argent dépensé dans de belles fringues de qualité. Celles que t'as même pas besoin de toucher pour savoir que c'est du beau. De belles matières, des finitions bien finies :-)
Mais ici, cette pub, je la trouve vraiment belle. Si on y regarde de plus près, on se rend vite compte que la robe pigeonnante sera difficile à porter au boulot, que les imprimés des deux robes sont un peu bof (enfin, à mon humble avis, hein), mais la coupe des robes... rhaaa! L'effet global, l'atmosphère glamour, les gants en cuir, les chaussures à noeud, j'adore!!
Ca renvoie à une époque de progrès post-guerre, aussi. Et au défilé Louis Vuitton, quand ces robes ont été présentées en mars, Marc Jacobs avait pris le parti de faire défiler des mannequins un peu plus charnues (on parle de Laetitia Casta, pas d'un mannequin XL, mais bon), dont les courbes étaient sublimées par ces magnifiques robes.
Bref, cette publicité a marqué mon week-end, pas comme le magazine au dos de laquelle elle se trouvait. Le Sabato, le magazine distribué avec le journal économique L'Echo le samedi, dont les pages mode proposent de jolies petites robes pas chères du tout.
A minimum 1.000 euros.
C'est étonnant, parce que je ne suis absolument pas fan de Louis Vuitton d'habitude. En fait, je ne suis pas fan de ces vêtements et accessoires qui crient "eh! regardez!! je suis super cher!!" Je n'aime pas les monogrammes qui s'étalent, les T-Shirts qui annoncent la couleur direct en lettres strassées (chez Gu*ss, par exemple), qui disent platement que oui, vous avez déboursé l'équivalent d'un rein (ou d'un oeil, ou de la peau d'une fesse) pour arborer ce truc qui souvent n'est même pas vraiment beau.
Je trouve sot aussi d'investir un deuxième oeil/rein ou la peau de la seconde fesse pour un truc bien cher-mais-qu'on-dirait-que-c'est-sorti-tout-droit-des-ptits-rien. Le spécialiste du genre? Zadig&Voltaire.
Non, ce que j'aime(rais), c'est l'argent dépensé dans de belles fringues de qualité. Celles que t'as même pas besoin de toucher pour savoir que c'est du beau. De belles matières, des finitions bien finies :-)
Mais ici, cette pub, je la trouve vraiment belle. Si on y regarde de plus près, on se rend vite compte que la robe pigeonnante sera difficile à porter au boulot, que les imprimés des deux robes sont un peu bof (enfin, à mon humble avis, hein), mais la coupe des robes... rhaaa! L'effet global, l'atmosphère glamour, les gants en cuir, les chaussures à noeud, j'adore!!
Ca renvoie à une époque de progrès post-guerre, aussi. Et au défilé Louis Vuitton, quand ces robes ont été présentées en mars, Marc Jacobs avait pris le parti de faire défiler des mannequins un peu plus charnues (on parle de Laetitia Casta, pas d'un mannequin XL, mais bon), dont les courbes étaient sublimées par ces magnifiques robes.
![]() |
| Louis Vuitton défilé automne/hiver 2010-2011 |
Bref, cette publicité a marqué mon week-end, pas comme le magazine au dos de laquelle elle se trouvait. Le Sabato, le magazine distribué avec le journal économique L'Echo le samedi, dont les pages mode proposent de jolies petites robes pas chères du tout.
A minimum 1.000 euros.
samedi 4 septembre 2010
J'ai testé pour vous le GPS qui se perd et vous avec
Hier soir, c'était l'EVJF de mon amie Flo. Quoi? Qu'est-ce qui ya? Pourquoi votre regard devient vague, là, d'un coup? Ouhouu? Ah! Qu'est-ce que c'est un EVJF?? Un Enterrement de Vie de Jeune Fille, pardi! Un brûlage de culotte quoi. Rhoo, oui, je sais, c'est pénible cette influence omniprésente de la blogosphère française... On en perd son vocabulaire de base... (torchons, abribus, septante, nonante, ouf! ça va!)
Je disais donc, hier Flo brûlait sa culotte. A Bruxelles. On avait convenu d'aller boire des cocktails chez Roxi (dans le quartier du Châtelain) où ils font le meilleur daïquiri de toute la Belgique, puis de continuer cette ambiance tropicale caliente caliente au Havana Club pour manger des fajitas puis shaker notre booty sur des rythmes latinos (wooowooohooohooo). Et moi, j'ai décidé de faire un truc folaïe de la laïfe: prendre la voiture pour y aller.
N'étant pas Brussels native, je ne suis pas née avec une carte de Bruxelles dans la tête (par contre, le reste de la Belgique, je situe plus ou moins, moi huhu). Donc on me dit "le Havana Club, c'est rue de l'Epée", je réponds juste "han han" avant de filer voir sur gougueule et ses maps. En général, ça me suffit. Je visualise plus ou moins l'endroit (parfois moins que plus, au désespoir de M. Léludemoncoeur que j'appelle trois fois en disant "et donc après, je dois tourner à gauche, c'est ça?") et puis je me lance témérairement.
Sauf qu'ici, maintenant, M. Léludemoncoeur a acheté un vrai GPS indépendant de son smartphone. Je me suis dit que j'allais l'étrenner, après tout, ya pas de raison qu'il se dessèche dans la boîte à gants.
Au début, j'ai suivi aveuglément ses instructions, mais elles étaient plutôt bonnes. Il est didactique, en plus. Quand tu dois rester sur la file de gauche, il te visualise toutes les bandes et te met une flèche verte sur celle où tu dois rester. Des fois que tu confondrais ta gauche et ta droite. Pratique non? :-)
Bon, il avait pas prévu qu'à 18h, ça bouchonne toujours à Hal. Résultat: le temps de parcours s'allonge un peu (bah oui, quand tu fait 500 mètres en 10 minutes, difficile de faire autrement), mais c'est pas grave, je suis partie largement à temps.
Là où je commence vraiment à avoir besoin de la douce voix du GPS, c'est en entrant dans Bruxelles, quand je sais qu'il ne reste que quelques kilomètres, mais quels kilomètres! La déviation de l'avenue Fonsny (toujours effondrée) et puis l'arrivée jusqu'à la rue de l'Epée, dans les Marolles.
Est-ce le fait que je ne l'avais pas habitué à contester ses ordres? Est-ce le passage sous le pont du chemin de fer? Toujours est-il que dès que j'ai continué tout droit au lieu de tourner à gauche comme le demandait mécaniquement la madame, il a tourné sot. Il a commencé à me faire glisser sur des pâtés de maison, nier les rues où je me trouvais, me dire trop tard de tourner dans telle ou telle rue, me conseiller de tourner dans une rue en sens interdit.
Je ne vous raconte pas le drame dans la voiture, avec une Sophie chauffée à blanc.
Lui: "A 80 mètres, tournez à gaauuuche"
Moi: "Mais je peux paaaaaaaas tourner à gauche bordel!!! En plus ce connard, là, qui veut traverser!! Allez, grouille-toi, ouais, c'est ça, dégage!!"
Lui: "changement d'itinéraire en cours"
Moi: "Mais je fais QUOI moi maintenant??? Tu connais pas Saint-Gilles ou quoi??? Bon, je m'en fous, je prends les routes que je connais!!"
Un SMS vengeur plus tard à M. Léludemoncoeur ("TON GPS, c'est de la merde!!!") (oui, au volant, je sais, pas bien), j'arrive enfin dans les Marolles, puis place du Jeu de balles, avant un nouveau tour près de la Porte de Hal et l'arrivée rue Haute. Enfin je me gare, prête à tuer le premier qui me fera un sourire. Il est 19h10, je suis partie à 17h40 d'un endroit situé une trentaine de kilomètres plus loin. Je ne suis pas encore arrivée au lieu de rendez-vous rue du Bailli.
Je n'avais pas fait de stepper hier, finalement, ça n'a pas été nécessaire. Grâce au GPS-qui-déconne et à une conductrice de tram pas très serviable (elle m'est partie sous le nez sans me jeter un regard), j'ai piqué des sprints des Marolles au rond-point Louise.
Mais je suis arrivée pile en même temps que la brûleuse de culotte. La fête pouvait commencer.
Je disais donc, hier Flo brûlait sa culotte. A Bruxelles. On avait convenu d'aller boire des cocktails chez Roxi (dans le quartier du Châtelain) où ils font le meilleur daïquiri de toute la Belgique, puis de continuer cette ambiance tropicale caliente caliente au Havana Club pour manger des fajitas puis shaker notre booty sur des rythmes latinos (wooowooohooohooo). Et moi, j'ai décidé de faire un truc folaïe de la laïfe: prendre la voiture pour y aller.
N'étant pas Brussels native, je ne suis pas née avec une carte de Bruxelles dans la tête (par contre, le reste de la Belgique, je situe plus ou moins, moi huhu). Donc on me dit "le Havana Club, c'est rue de l'Epée", je réponds juste "han han" avant de filer voir sur gougueule et ses maps. En général, ça me suffit. Je visualise plus ou moins l'endroit (parfois moins que plus, au désespoir de M. Léludemoncoeur que j'appelle trois fois en disant "et donc après, je dois tourner à gauche, c'est ça?") et puis je me lance témérairement.
Sauf qu'ici, maintenant, M. Léludemoncoeur a acheté un vrai GPS indépendant de son smartphone. Je me suis dit que j'allais l'étrenner, après tout, ya pas de raison qu'il se dessèche dans la boîte à gants.
Au début, j'ai suivi aveuglément ses instructions, mais elles étaient plutôt bonnes. Il est didactique, en plus. Quand tu dois rester sur la file de gauche, il te visualise toutes les bandes et te met une flèche verte sur celle où tu dois rester. Des fois que tu confondrais ta gauche et ta droite. Pratique non? :-)
Bon, il avait pas prévu qu'à 18h, ça bouchonne toujours à Hal. Résultat: le temps de parcours s'allonge un peu (bah oui, quand tu fait 500 mètres en 10 minutes, difficile de faire autrement), mais c'est pas grave, je suis partie largement à temps.
Là où je commence vraiment à avoir besoin de la douce voix du GPS, c'est en entrant dans Bruxelles, quand je sais qu'il ne reste que quelques kilomètres, mais quels kilomètres! La déviation de l'avenue Fonsny (toujours effondrée) et puis l'arrivée jusqu'à la rue de l'Epée, dans les Marolles.
Est-ce le fait que je ne l'avais pas habitué à contester ses ordres? Est-ce le passage sous le pont du chemin de fer? Toujours est-il que dès que j'ai continué tout droit au lieu de tourner à gauche comme le demandait mécaniquement la madame, il a tourné sot. Il a commencé à me faire glisser sur des pâtés de maison, nier les rues où je me trouvais, me dire trop tard de tourner dans telle ou telle rue, me conseiller de tourner dans une rue en sens interdit.
Je ne vous raconte pas le drame dans la voiture, avec une Sophie chauffée à blanc.
Lui: "A 80 mètres, tournez à gaauuuche"
Moi: "Mais je peux paaaaaaaas tourner à gauche bordel!!! En plus ce connard, là, qui veut traverser!! Allez, grouille-toi, ouais, c'est ça, dégage!!"
Lui: "changement d'itinéraire en cours"
Moi: "Mais je fais QUOI moi maintenant??? Tu connais pas Saint-Gilles ou quoi??? Bon, je m'en fous, je prends les routes que je connais!!"
Un SMS vengeur plus tard à M. Léludemoncoeur ("TON GPS, c'est de la merde!!!") (oui, au volant, je sais, pas bien), j'arrive enfin dans les Marolles, puis place du Jeu de balles, avant un nouveau tour près de la Porte de Hal et l'arrivée rue Haute. Enfin je me gare, prête à tuer le premier qui me fera un sourire. Il est 19h10, je suis partie à 17h40 d'un endroit situé une trentaine de kilomètres plus loin. Je ne suis pas encore arrivée au lieu de rendez-vous rue du Bailli.
Je n'avais pas fait de stepper hier, finalement, ça n'a pas été nécessaire. Grâce au GPS-qui-déconne et à une conductrice de tram pas très serviable (elle m'est partie sous le nez sans me jeter un regard), j'ai piqué des sprints des Marolles au rond-point Louise.
Mais je suis arrivée pile en même temps que la brûleuse de culotte. La fête pouvait commencer.
vendredi 3 septembre 2010
Benchmark, tu connais tu connais?
Ce que j'aime, dans mon blog, c'est qu'il est un véritable outil de formation permanente. (je reviens, je vais me couper les ongles) (voilà) (non, mais c'est désagréable d'avoir les doigts qui glissent des touches et font tic tic à cause d'ongles trop longs). Je disais donc, mon blog est un véritable outil de formation permanente.
Je vous ai déjàfanfaronné expliqué comment je suis arrivée à bidouiller un ptit peu le code HTML de mon blog pour y ajouter plein de trucs su-per sym-pas -genre un badge Hellocoton ou un petit bouton "j'aime" pour Facebook. L'über-classe.
J'ai déjà évoqué ici mon intérêt pour les statistiques Google et les trucs marrants qu'on peut y trouver. Je peux voir "kimelioù", combien de personnes lisent lesbêtises billets que je publie amoureusement presque quotidiennement, quel type de navigateur vous utilisez, etc... (oui, ça va jusque là!).
Mais un jour, j'ai innocemment cliqué sur "analyse comparative". Ca affiche des petits graphiques sympas avec des lignes plus ou moins en zig zag. Deux lignes par graphique: une pour mon blog et une pour une moyenne des blogs de même importance que le mien. Benchmark, qui disent sur la page.
Moi, en bonne inculturée du web que je suis plus ou moins, je fais une recherche gougueule sur benchmarking, parce que évidemment c'est un mot que j'ai déjà entendu, mais que je ne peux pas définir par moi-même. Et là, je tombe sur ça:
"Le benchmarking, en français référenciation, étalonnage ou parangonnage, est une technique de marketing..." Je ne suis pas vraiment allée plus loin (fin si, mais j'ai dû me faire violence).
*intermède pédagogico-explicatif*
Tout journaliste qui se respecte peut fréquenter à peu près tout le monde: des hommes politiques, même au bord de l'inculpation, des avocats, même qui défendent des accusés très accusés, des barakis, pourvu que ça rapporte un reportage bien trash sur la situation de logements sociaux, des sportifs, même quand ils ont un pois chiche dans la tête, mais par contre, faut pas lui demander de fréquenter un marketeux. Ah! ça non! Un type qui parle de son article comme un produit qui doit être sexy, c'est vade retro satanas (même si c'est lui qui, en développant des stratégies de ventes et de publicité, rapporte de la thune pour que le média fonctionne, soyons de bon compte). Et en bonne rabique que je suis, je n'échappe certainement pas à la règle.
*fin de l'intermède pédagogico-explicatif*
Donc en gros, le benchmarking, c'est comparer ton produit (arghl) à d'autres du même genre pour voir comment tu peux l'améliorer. Mon blog, donc, est comparé à la moyenne de centaines d'autres de même taille pour que je sache si je fais bien ou pas. Ca, c'est ce que Gougueule m'explique (parce que Gougueule beaucoup, mais est très didactique aussi). Mais il omet de me dire dans quelle catégorie je boxe. Boah, allez, je sais que je ne suis pas de la catégorie des poids lourds que sont Violette et Pénélope Jolicoeur, mais bon, suis-je plutôt poids léger ou poids plume, hein, hein?
Bon, je vous dirai seulement que dans mon bulletin d'efficacité bloguesque, on pourrait noter "peut mieux faire", mais je vous l'ai dit, je suis plutôt écriture que marketing, on va donc dire que je fais ça pour le geste (ce qui ne m'empêche pas de guetter quels sont les billets les plus lus, en général des trucs un peu féministes ou de réflexion comme ça, ça, ça et ça).
Sur Hellocoton, j'ai pu remarquer que les sujets qui marchent le mieux sont ceux où je parle de mes fesses ou de bruits de boucheou encore des toilettes de ma boîte.
Le top du top du succès, là-bas, c'est les blogs de (futures) mamans.
Pfff, faut vraiment donner de soi-même... M. Léludemoncoeur?
Je vous ai déjà
J'ai déjà évoqué ici mon intérêt pour les statistiques Google et les trucs marrants qu'on peut y trouver. Je peux voir "kimelioù", combien de personnes lisent les
Mais un jour, j'ai innocemment cliqué sur "analyse comparative". Ca affiche des petits graphiques sympas avec des lignes plus ou moins en zig zag. Deux lignes par graphique: une pour mon blog et une pour une moyenne des blogs de même importance que le mien. Benchmark, qui disent sur la page.
Moi, en bonne inculturée du web que je suis plus ou moins, je fais une recherche gougueule sur benchmarking, parce que évidemment c'est un mot que j'ai déjà entendu, mais que je ne peux pas définir par moi-même. Et là, je tombe sur ça:
"Le benchmarking, en français référenciation, étalonnage ou parangonnage, est une technique de marketing..." Je ne suis pas vraiment allée plus loin (fin si, mais j'ai dû me faire violence).
*intermède pédagogico-explicatif*
Tout journaliste qui se respecte peut fréquenter à peu près tout le monde: des hommes politiques, même au bord de l'inculpation, des avocats, même qui défendent des accusés très accusés, des barakis, pourvu que ça rapporte un reportage bien trash sur la situation de logements sociaux, des sportifs, même quand ils ont un pois chiche dans la tête, mais par contre, faut pas lui demander de fréquenter un marketeux. Ah! ça non! Un type qui parle de son article comme un produit qui doit être sexy, c'est vade retro satanas (même si c'est lui qui, en développant des stratégies de ventes et de publicité, rapporte de la thune pour que le média fonctionne, soyons de bon compte). Et en bonne rabique que je suis, je n'échappe certainement pas à la règle.
*fin de l'intermède pédagogico-explicatif*
Donc en gros, le benchmarking, c'est comparer ton produit (arghl) à d'autres du même genre pour voir comment tu peux l'améliorer. Mon blog, donc, est comparé à la moyenne de centaines d'autres de même taille pour que je sache si je fais bien ou pas. Ca, c'est ce que Gougueule m'explique (parce que Gougueule beaucoup, mais est très didactique aussi). Mais il omet de me dire dans quelle catégorie je boxe. Boah, allez, je sais que je ne suis pas de la catégorie des poids lourds que sont Violette et Pénélope Jolicoeur, mais bon, suis-je plutôt poids léger ou poids plume, hein, hein?
Bon, je vous dirai seulement que dans mon bulletin d'efficacité bloguesque, on pourrait noter "peut mieux faire", mais je vous l'ai dit, je suis plutôt écriture que marketing, on va donc dire que je fais ça pour le geste (ce qui ne m'empêche pas de guetter quels sont les billets les plus lus, en général des trucs un peu féministes ou de réflexion comme ça, ça, ça et ça).
Sur Hellocoton, j'ai pu remarquer que les sujets qui marchent le mieux sont ceux où je parle de mes fesses ou de bruits de bouche
Le top du top du succès, là-bas, c'est les blogs de (futures) mamans.
Pfff, faut vraiment donner de soi-même... M. Léludemoncoeur?
jeudi 2 septembre 2010
H&M met du Lanvin dans son eau
(titre pourrave mais il fallait que je fasse ce jeu de mot inversé, désolée)
Il y a des hasards qui font vraiment peur. Ou qui n'existent pas. C'est pas antinomique, notez, puisque les monstres en dessous du lit, ça n'existe pas non plus, mais ça fout les chocottes aussi. (enfin, pas à moi, mais c'est façon de dire)
Donc, voilà que je me disais qu'il fallait que je vous confesse ma dernière obsession du moment: il FAUT que j'aille chez H&M. Je veux essayer leurs jean's, je veux une ceinture oùsqu'on la noue négligemment (une ceinture boyish, c'est comme ça qu'on dit dans le langage de modasse?), je veux faire un tour du côté de leurs bijoux kitschy kitschy! C'est la faute aux blogs de mode et aux filles qui ont décidemment beaucoup plus l'oeil que moi pour voir le truc ultra-sympa derrière ce morceau de métal/tissu accroché au présentoire. Enbon petit mouton bonne petite blogueuse sous influence (c'est dur de passer de sous influence à influente, j'vous jure!), j'ai envie d'aller vérifier de mes yeux d'incrédule si moi aussi je peux dénicher de la hip* sous la fripe.
Pourtant, on m'aurait enregistrée ya quelques mois, je serais bien embarrassée. Parce qu'un jour, tu vôaâââââs, j'ai dit que les vêtements à petits prix, c'était fini. Bah oui, salariée gagnant décemment sa vie, pas accro du shopping-que-si-j'achète-pas-au-moins-une-fringue-par-mois-je-meurs, je m'étais dit que je n'achèterais plus que de belles pièces de bonne qualité, en profitant des soldes deux fois par an puis de Dod le reste du temps. Même pas peur!
Moui mais voilà, cette bloguite aiguë, l'exploration méthodique de "blogs de fille" via Hellocoton me donne des idées et des ailes. Mon vieux porte-monnaie (H&M lui aussi, quel complot!) s'est caché tout au fond de mon over-size bag (on dit encore, ça?) en espérant l'accalmie.
Qu'on aurait pu attendre au boulot, évidemement. Sauf que non! Un mail de H&M reposait bien sagement pour m'annoncer (mais pas qu'à moi, hein) que Lanvin succédait à Karl Lagerfeld, Viktor&Rolf et autreMadonna Stella McCartney, eh ouais!, pour une collaboration fugace (et qui s'arrache en général à chaque fois).
Dès le mois de novembre, on devrait donc voir les silhouettes H&M by Lanvin sur tous les panneaux d'affichage du métro et il faudra attendre fin novembre pour faire main basse sur une de ces pièces griffées.
Mais perso, je pense pas pouvoir attendre trois mois pour assouvir mon obsession. Bah! Pas grave, j'y retournerai! :-)
PS: Sur son blog, Emme parle d'une de ces kitscheries H&Mesques que je mentionne plus haut :-) )
*oui, la hype, c'est pas de l'anglais, c'est du français qui copie
Il y a des hasards qui font vraiment peur. Ou qui n'existent pas. C'est pas antinomique, notez, puisque les monstres en dessous du lit, ça n'existe pas non plus, mais ça fout les chocottes aussi. (enfin, pas à moi, mais c'est façon de dire)
Donc, voilà que je me disais qu'il fallait que je vous confesse ma dernière obsession du moment: il FAUT que j'aille chez H&M. Je veux essayer leurs jean's, je veux une ceinture oùsqu'on la noue négligemment (une ceinture boyish, c'est comme ça qu'on dit dans le langage de modasse?), je veux faire un tour du côté de leurs bijoux kitschy kitschy! C'est la faute aux blogs de mode et aux filles qui ont décidemment beaucoup plus l'oeil que moi pour voir le truc ultra-sympa derrière ce morceau de métal/tissu accroché au présentoire. En
Pourtant, on m'aurait enregistrée ya quelques mois, je serais bien embarrassée. Parce qu'un jour, tu vôaâââââs, j'ai dit que les vêtements à petits prix, c'était fini. Bah oui, salariée gagnant décemment sa vie, pas accro du shopping-que-si-j'achète-pas-au-moins-une-fringue-par-mois-je-meurs, je m'étais dit que je n'achèterais plus que de belles pièces de bonne qualité, en profitant des soldes deux fois par an puis de Dod le reste du temps. Même pas peur!
Moui mais voilà, cette bloguite aiguë, l'exploration méthodique de "blogs de fille" via Hellocoton me donne des idées et des ailes. Mon vieux porte-monnaie (H&M lui aussi, quel complot!) s'est caché tout au fond de mon over-size bag (on dit encore, ça?) en espérant l'accalmie.
Qu'on aurait pu attendre au boulot, évidemement. Sauf que non! Un mail de H&M reposait bien sagement pour m'annoncer (mais pas qu'à moi, hein) que Lanvin succédait à Karl Lagerfeld, Viktor&Rolf et autre
Dès le mois de novembre, on devrait donc voir les silhouettes H&M by Lanvin sur tous les panneaux d'affichage du métro et il faudra attendre fin novembre pour faire main basse sur une de ces pièces griffées.
Mais perso, je pense pas pouvoir attendre trois mois pour assouvir mon obsession. Bah! Pas grave, j'y retournerai! :-)
PS: Sur son blog, Emme parle d'une de ces kitscheries H&Mesques que je mentionne plus haut :-) )
*oui, la hype, c'est pas de l'anglais, c'est du français qui copie
Gmail évolue, mais pas pour tout le monde
La vie est super mal faite. Surtout la vie de la boîte mail. Tenez, à la maison, on est tous les deux des gmail-convaincus. Moi pour le chat (celui oùsqu'on peut parler, pas celui qui perd ses milliards de poils) et la facilité d'utilisation, M. Léludemoncoeur pour la capacité (qu'il est quand même arrivé à dépasser, hein, faut pas croire) et tout le reste.
Gmail, c'est bieeeeeen. Ca fait moins kikoolol qu'une adresse hotmail, moins ado quoi. On peut même l'utiliser pour ses contacts pros sans passer pour un branque fini. Et en plus, ça évolue tout seul. Suffit d'activer le google labs et on peut ajouter plein de chouettes fonctionnalités, toutes plus (in)utiles les unes que les autres. Par exemple, l'annulation de l'envoi du message, si on se rend compte qu'on a envoyé à son boss le mail destiné à sa meilleure amie et dans lequel on casse ledit boss (Gmail 1 - acte manqué 0). On peut aussi, dans la même veine, faire en sorte que gmail nous propose un problème de math à résoudre, quand on envoie un mail en pleine nuit, pour vérifier qu'on ne l'envoie pas complètement torché. Sympa non?
Bon, tout ça, c'est pas neuf. Mais moi, ce matin, en ouvrant ma boîte, j'avais un nouvel onglet intitulé "boîte gmail prioritaire bêta" (toi-même!). Keskecé, me suis-je dit. Bon d'habitude, ce n'est pas le genre de trucs qui me fait grimper aux rideaux de curiosité. La technologie j'aime bien, mais surtout quand M. Léludemoncoeur a déjà testé pour moi. Je sais, je ne suis pas vraiment une aventurière du web et de la geekerie, honte à moi.
Mais là, j'ai regardé la fort bien faite vidéo d'explication et puis j'ai alerté M. Léludemoncoeur. "Oooooh! M. Léludemoncoeur!!", que j'y ai dit. "Ya un truc qui va vachement t'intéresser, et t'aider!! Regarde le petit onglet "boîte gmail prioritaire!! Mais siiiii, sur le dessus, à côté du Labs!! Mais alleeeez, tu vois pas??"
Eh non! M. Léludemoncoeur, l'homme aux 400 mails par jour (reçus, hein, pas envoyés, tu penses), celui qui ne distingue même plus mes mails à moi dans la masse de communiqués, de correspondance, de textes (c'est pourtant pas faute de lui en envoyer!) n'a pas la boîte prioritaire en version bêta... Alors que moi, la version bêta de M. Léludemoncoeur (des newsletters de Flair, promod, cuisineaz.com et autres notifications Facebook), je l'ai...
La vie googlienne est donc vraiment trop injuste. Et contrairement à la foudre, les versions bêta de gmail ne frappent jamais deux fois au même endroit!
Gmail, c'est bieeeeeen. Ca fait moins kikoolol qu'une adresse hotmail, moins ado quoi. On peut même l'utiliser pour ses contacts pros sans passer pour un branque fini. Et en plus, ça évolue tout seul. Suffit d'activer le google labs et on peut ajouter plein de chouettes fonctionnalités, toutes plus (in)utiles les unes que les autres. Par exemple, l'annulation de l'envoi du message, si on se rend compte qu'on a envoyé à son boss le mail destiné à sa meilleure amie et dans lequel on casse ledit boss (Gmail 1 - acte manqué 0). On peut aussi, dans la même veine, faire en sorte que gmail nous propose un problème de math à résoudre, quand on envoie un mail en pleine nuit, pour vérifier qu'on ne l'envoie pas complètement torché. Sympa non?
Bon, tout ça, c'est pas neuf. Mais moi, ce matin, en ouvrant ma boîte, j'avais un nouvel onglet intitulé "boîte gmail prioritaire bêta" (toi-même!). Keskecé, me suis-je dit. Bon d'habitude, ce n'est pas le genre de trucs qui me fait grimper aux rideaux de curiosité. La technologie j'aime bien, mais surtout quand M. Léludemoncoeur a déjà testé pour moi. Je sais, je ne suis pas vraiment une aventurière du web et de la geekerie, honte à moi.
Mais là, j'ai regardé la fort bien faite vidéo d'explication et puis j'ai alerté M. Léludemoncoeur. "Oooooh! M. Léludemoncoeur!!", que j'y ai dit. "Ya un truc qui va vachement t'intéresser, et t'aider!! Regarde le petit onglet "boîte gmail prioritaire!! Mais siiiii, sur le dessus, à côté du Labs!! Mais alleeeez, tu vois pas??"
Eh non! M. Léludemoncoeur, l'homme aux 400 mails par jour (reçus, hein, pas envoyés, tu penses), celui qui ne distingue même plus mes mails à moi dans la masse de communiqués, de correspondance, de textes (c'est pourtant pas faute de lui en envoyer!) n'a pas la boîte prioritaire en version bêta... Alors que moi, la version bêta de M. Léludemoncoeur (des newsletters de Flair, promod, cuisineaz.com et autres notifications Facebook), je l'ai...
La vie googlienne est donc vraiment trop injuste. Et contrairement à la foudre, les versions bêta de gmail ne frappent jamais deux fois au même endroit!
mercredi 1 septembre 2010
Une photo de classe un peu sépia (mais vraie)
J'étais partie dans l'idée de vous chanter un petit couplet sur le ton du "la rentrée ça pue!" avec son lot de cons braves travailleurs qui bondent les trains ou les routes, de temps maussades, de gosses qui se préparent une scoliose ou un lumbago, tout en terminant par une note positive (on n'est pas un blog à la saveur de croustillons chauds pour rien, ici).
Et puis tout en réfléchissant (oui, c'est pas parce qu'on ne cause pas politique qu'on laisse ses neurones sur le tableau de bord), je me suis rappelé avoir entendu à la radio, il y a quelques jours, cette chanson qui m'a projetée pas loin de 20 ans en arrière:
Projetée dans un spectacle de fin d'année à l'école primaire, où on rejouait un peu cette histoire de débarquement de Christophe Colomb en 1492. Je me rappelle (je crois que c'était la même année...) du Bia Bouquet chanté en apothéose d'un sketch en wallon. Ne me demandez pas le rapport entre les deux, avec les années, il s'est perdu.
Pourquoi je vous parle du spectacle de fin d'année alors qu'elle recommence, l'année scolaire? Tout simplement pour ceci: l'école qui proposait ce spectacle n'était pas tout à fait ordinaire. (le premier qui lâche un truc genre "école spécialisée? hinhin ça m'étonne pas" sort immédiatement)
On y donnait cours aux six années de l'école primaire en même temps. Une seule institutrice pour tout le monde. A l'ancienne. Une seule classe, chauffée par un seul poêle à mazout. Une dizaine d'enfants seulement. Pour les six années, oui oui. Mon père m'assurait il y a quelques semaines que notre arrivée au village avait sauvé l'école. Vous pensez bien, avec cinq filles (CINQ filles? Oui, cinq), on y a dégagé l'avenir et pérennisé sa population!
Vous imaginez, donc, douze élèves (les bonnes années, ça passait à quarante) instruits par une institutrice qui avait elle-même usé ses tabliers sur les mêmes bancs que nous, quarante ans avant? Vous imaginez le ballet des "grands" pour aller faire chauffer l'eau des pâtes sur le poêle au mazout dès 11h30, puis surveiller la cuisson des pâtes en espérant que l'une ou l'autre "tresse" de pâtes se forme? Vous imaginez l'heure de midi, tous assis autour d'une table dans le fond de la classe, où petits et grands se délectaient de pâtes au lait et au fromage (mais seuls les grands avaient droit aux "noquettes" de fromage)?
Vous imaginez les grands attendre sagement que les petits reçoivent leur leçon de français en lisant leur livre d'histoire? Vous imaginez les paniers de baskets qui se transformaient en maisons à la récré, tout comme les grilles du jardin? Vous imaginez ce bâtiment isolé de la route, tranquille, à côté de la "maison de l'institutrice), dans la cour duquel il suffisait d'un vieux van VW pour embarquer tous les élèves et les ramener chez eux?
Vous imaginez ces moyens mnémotechniques appris d'une institutrice qui les tenait elle-même de son institutrice à elle? Vous imaginez ces grilles de conjugaison remplies comme si c'était un jeu? Vous imaginez ces balades dans la nature, ce vieux tableau noir qu'on se battait pour nettoyer consciencieusement (et dont un côté était ligné pour apprendre à écrire bien)?
C'était il y a moins de vingt ans, vous l'imaginez, ça? Vous avez sans doute du mal, c'est normal.
Moi non plus, j'l'aurais pas vécu, j'l'aurais pas cru. :-)
(comme quoi, toutes les rentrées scolaires ne m'ont pas foutu le cafard)
(au moment où cette note pré-rédigée sera publiée, je serai moi aussi en train de faire ma rentrée. Enfin, pour deux jours, et c'est pas vraiment que je suis partie en vacances, hein)
Et puis tout en réfléchissant (oui, c'est pas parce qu'on ne cause pas politique qu'on laisse ses neurones sur le tableau de bord), je me suis rappelé avoir entendu à la radio, il y a quelques jours, cette chanson qui m'a projetée pas loin de 20 ans en arrière:
Projetée dans un spectacle de fin d'année à l'école primaire, où on rejouait un peu cette histoire de débarquement de Christophe Colomb en 1492. Je me rappelle (je crois que c'était la même année...) du Bia Bouquet chanté en apothéose d'un sketch en wallon. Ne me demandez pas le rapport entre les deux, avec les années, il s'est perdu.
Pourquoi je vous parle du spectacle de fin d'année alors qu'elle recommence, l'année scolaire? Tout simplement pour ceci: l'école qui proposait ce spectacle n'était pas tout à fait ordinaire. (le premier qui lâche un truc genre "école spécialisée? hinhin ça m'étonne pas" sort immédiatement)
On y donnait cours aux six années de l'école primaire en même temps. Une seule institutrice pour tout le monde. A l'ancienne. Une seule classe, chauffée par un seul poêle à mazout. Une dizaine d'enfants seulement. Pour les six années, oui oui. Mon père m'assurait il y a quelques semaines que notre arrivée au village avait sauvé l'école. Vous pensez bien, avec cinq filles (CINQ filles? Oui, cinq), on y a dégagé l'avenir et pérennisé sa population!
Vous imaginez, donc, douze élèves (les bonnes années, ça passait à quarante) instruits par une institutrice qui avait elle-même usé ses tabliers sur les mêmes bancs que nous, quarante ans avant? Vous imaginez le ballet des "grands" pour aller faire chauffer l'eau des pâtes sur le poêle au mazout dès 11h30, puis surveiller la cuisson des pâtes en espérant que l'une ou l'autre "tresse" de pâtes se forme? Vous imaginez l'heure de midi, tous assis autour d'une table dans le fond de la classe, où petits et grands se délectaient de pâtes au lait et au fromage (mais seuls les grands avaient droit aux "noquettes" de fromage)?
Vous imaginez les grands attendre sagement que les petits reçoivent leur leçon de français en lisant leur livre d'histoire? Vous imaginez les paniers de baskets qui se transformaient en maisons à la récré, tout comme les grilles du jardin? Vous imaginez ce bâtiment isolé de la route, tranquille, à côté de la "maison de l'institutrice), dans la cour duquel il suffisait d'un vieux van VW pour embarquer tous les élèves et les ramener chez eux?
Vous imaginez ces moyens mnémotechniques appris d'une institutrice qui les tenait elle-même de son institutrice à elle? Vous imaginez ces grilles de conjugaison remplies comme si c'était un jeu? Vous imaginez ces balades dans la nature, ce vieux tableau noir qu'on se battait pour nettoyer consciencieusement (et dont un côté était ligné pour apprendre à écrire bien)?
C'était il y a moins de vingt ans, vous l'imaginez, ça? Vous avez sans doute du mal, c'est normal.
Moi non plus, j'l'aurais pas vécu, j'l'aurais pas cru. :-)
(comme quoi, toutes les rentrées scolaires ne m'ont pas foutu le cafard)
(au moment où cette note pré-rédigée sera publiée, je serai moi aussi en train de faire ma rentrée. Enfin, pour deux jours, et c'est pas vraiment que je suis partie en vacances, hein)
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